ÉPISTÉMOLOGIE : LES TROIS MODÈLES DE LA RECHERCHE EN DESIGN PROPOSÉS PAR ALAIN FINDELI.

Ce petit texte ne fait que présenter très brièvement les trois méthodes de la recherche en design, proposées par Alain Findeli, aujourd’hui professeur à l’Université de Nîmes et co-fondateur de l’Atelier de la Recherche en Design. Un résumé rédigé par Stéphane Vial, professeur de philosophie appliquée au design à l’Université de Nîmes, retrace également la présentation de ces trois modèles. Ce résumé est d’ailleurs, je préfère vous avertir, beaucoup plus détaillé que ce qui va suivre. Mon intention n’est aucunement de problématiser ces méthodes ou de pondre une quelconque conclusion. La seule vocation de ce texte, au même titre que le résumé de Stéphane Vial, est de vous les présenter, afin que vous puissiez les partager, les saisir et pourquoi pas les appliquer, les bricoler, les transformer, etc. Je souhaite alors vous partager par ce texte, comme j’ai pu le faire avec le Collectif Bam et mon entourage, les travaux de ces chercheurs que sont Alain Findeli, Stephane Vial ou encore Armand Hatchuel, qui je penses, nous apportent des connaissances bénéfiques pour cette discipline.

Ma connaissance de ces trois méthodes de recherche en design est bien évidement issue de ma formation à la Sorbonne (en Master 2 Recherche – Design & Environnements, dirigé par Pierre-Damien Huyghe). Mais, j’ai pu en faire usage une nouvelle fois (comme ce fut le cas pour mon projet de recherche sur les « smart grids »), lorsque les membres du Collectif Bam se sont penchés sur la constitution d’une équipe interne de designers/chercheurs. Dans quelles conditions allons nous mener cette recherche ? Dans quel cadre ? Avec qui ? Quelles sont les différentes missions que nous allons effectuer ? Dans quel ordre si tant est qu’il existe ? Nous avions une idée assez vague de la méthodologie de recherche que nous allions mener… Mais nous étions d’ores et déjà dans une réflexion, ou du moins dans la construction d’un cadre. C’est donc à ce moment précis, que j’ai ressorti le grand classique des poursur, et par…

Oui, ces types de recherche sont un grand classique pour la jeune communauté de chercheurs en design, certes. Mais elles sont bien pratiques tout de même… même si bien évidemment, je penses, à titre personnel, que nous devons chercher au delà du seul jeu de préposition (simple prévention pour ceux qui sont en quête de la recette magique).

Bref… Les trois méthodes proposées par Alain Findeli sont : la recherche pour, sur et par le design.

En résumé :

  • La recherche pour le design, considère le processus de projet comme un processus de recherche. On l’appelle plus communément la « recherche-action ». La recherche pour le design, apporte des expériences pratiques, du savoir-faire, et se termine par la production d’un objet (volume, image, service, espace, etc). Cependant, il semble qu’elle ne soit pas productrice de connaissances scientifiques. Ce modèle est souvent enseigné dans les écoles de design. Il est destiné à ne produire que du savoir-faire dans l’acte du design, et n’est alors, non reconnu dans la recherche scientifique.
  • La recherche sur le design ! Sociologie du design, droit du design, sémiotique du design… plusieurs recherches de ce type s’appuient sur ce modèle qui consiste à enrichir d’autres disciplines que celle du design. Autrement dit, une recherche portée sur l’histoire du design apporte en général des connaissances scientifiques dans la discipline de l’histoire mais pas dans celle du design. En résumé, une recherche sur le design, dont sa scientificité est d’ores et déjà reconnu, est un type de recherche d’une autre discipline que celle du design, qui prend pour sujet d’étude le design.
  • La recherche par le design est très proche d’une recherche pour le design, puisqu’elle s’effectue dans l’opération du design lui-même, dans l’acte de design. Mais elle interroge la pratique du projet de design, en se portant sur un problème posé dans la discipline du design. D’une certaine manière, elle met en difficulté sa propre discipline, en mêlant théorie et pratique. Les méthodes d’une recherche par le design comportent donc aussi bien des méthodes créatives (employés dans la recherche pour le design) que des méthodes de recherche dite « fondamentale » (employées par exemple dans les sciences sociales). La recherche par le design a la particularité de traiter par l’acte de design, un problème qui est propre à sa discipline. Et c’est évidemment ceci qui fait sa scientificité, puisque ce type de recherche apporte bien des connaissances bénéfiques pour les disciplines scientifiques, comme les sciences sociales.

La recherche par le design a pour vocation de cibler un problème propre à la discipline du design en l’effectuant par la pratique du design. Soit une recherche capable d’apporter du savoir-faire et du savoir théorique au sein de cette discipline. Connaissances qui se montrent bénéfiques également pour les autres disciplines. Insistons une fois de plus sur la double capacité d’une recherche par le design : la capacité de traiter un problème propre au design (ce qui, rappelons le, apporte des connaissances scientifiques dans la discipline du design et dans les autres) et la capacité de traiter ce problème par l’acte du design (ce qui produit de la connaissance pratique, du savoir-faire bénéfique pour de nombreuses disciplines, dont celle du design). La conclusion d’Alain Findeli, aussi présentée dans le résumé de Stéphane Vial, propose alors d’adopter la recherche par le design comme une méthode qui fait du design, une science.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *